45 - Trois ans

(Voir aussi : "Je vous salue" )

Souvenir de Martinefa - Le blog de Martinefa - Le site de Martinefa

44 - Maïthé

Ta maison imprégnée de l'humeur de la pierre
Rappelle au païen un siècle de prières
Combien de rêves germèrent dans la toile accrochée
Combien d'enfants cachés derrière un tablier

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43 - Un homme de ma vie

Au collège, je ne faisais rien qu’à penser à mon boy-friend, au lieu de me concentrer sur mes compositions. C’était un grand gars aux doux yeux bleus et à la voix charmeuse que je ne voyais que pendant les vacances. Ahlala comme j’étais contente de le retrouver au mois de juillet ! Mais ça ne durait pas ...

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42 - Souvenir de Noël

Je ne me souviens pas très clairement du temps où je croyais au Père Noël ; je l’ai peut-être imaginé posant son traineau sur le toit de ma maison ou rôdant dans le couloir, passant devant ma chambre, le dos courbé sous le poids des cadeaux. Mais ce dont je me souviens parfaitement aujourd’hui encore, c’est du jour où j’appris qu’il n’existait pas.

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41 - Ich Bin Ein Berliner...

Novembre 1989... Encore un réveil difficile... je tombe quasiment de la mezzanine où se trouve mon lit, je me traîne jusqu'à la cuisinière et je mets à chauffer ma cafetière italienne préparée la veille au soir... oh oui, je suis bien plus efficace le soir! Puis je rampe jusqu'à la douche. Que je sorte ou pas, je ne suis pas du matin... La douche prise j'attaque mon petit déjeuner affalée sur le matelas posé à même le sol qui me tient lieu de canapé. C'est à ce moment-là que ma conscience a enfin entendu les mots prononcés par les journalistes à la radio... le mur de Berlin est tombé dans la nuit... Mince! Pour une nouvelle, c'est une sacrée nouvelle! Caféine ou pas, me voilà bien réveillée tout d'un coup. Et tout en mâchouillant ma tartine, je me souviens...

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40 - juin 1999

Entends-tu le rire discret du vent?
L'homme aux mains crayeuses,
se joue de l'humeur grise de la mer...

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39 - Souvenir d'enfance...

J'avais 6 ans, j'étais au CP. La directrice de l’école est venue me chercher dans la classe avec un air grave. Il fallait que je rentre à la maison. Ma grande soeur était venue me chercher. Je me souviens des vêtements que je portais et de mon incompréhension du moment mêlée d'une innocence qui faisait que je ne me rendais compte de rien. Je portais une robe à carreaux bleus et marron, j'avais les cheveux longs et des chaussures blanches. Ma soeur m'attendait dans la cours. Elle m'a pris la main et n'a rien dit, je n'ai rien demandé, j'ai baissé la tête. Nous sommes rentrées à pieds à la maison. Il n'y avait personne. Mon autre soeur était chez ma tante. Ma soeur marchait dans la maison, elle allait et venait d'une fenêtre à l'autre. Il y avait un silence pesant. Je n'ai rien demandé.

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38 - My lightning love affair


Le vent a tourné ... Alice y a plongé les cheveux, sans y croire et n'arrive pas à se réveiller de son ivresse si douce ... Elle ouvre les yeux, les frotte et n'en revient pas. La vie est belle, la chance est ici, l'avenir est là-bas.

Allongée, les pieds dans la mousse, elle regarde les nuages qui passent si vite, formant des visages, des créatures, un décor féérique qui l'apaise et l'enlève. Elle n'est peut-être que la fille d'Islande mais elle a fait ce choix, consciente qu'un jour viendra où tout s'arrêtera ...

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37 - Je vous salue


Par la fille embrassant le front de sa mère

Dont le haut cercueil se ferme

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36 - Magdalena Mix

Je suis dans un café, le plus proche de chez moi. Une vingtaine de pas tout au plus. J’ai investi l’une des tables avec vue sur le monde. Je commande un liégeois, subtil mélange de sirop de grenadine et d’orangeade.

En attendant le retour du serveur, tapi dans un coin sombre, j’apprécie l’ambiance du bistrot mi-vide, le balai des habitués, piliers, joueurs de bingo, café d’affaires, ados perdus, chômeurs ou retraités solitaires. La richesse d’une réalité concentrée au milieu des brouhahas de la circulation et des passants pressés qui ne daignent même pas jeter un œil à travers les baies vitrées aux décorations de noël délavées.

Les enceintes de la taverne expectorent quelques variétés anglo-saxonnes, de mièvres slows. L’heure pour moi de constater la non-singularité de mes amours adultescentes. Si les murs étaient recouverts de papier-peint fleuri, ce dernier s’affalerait en lambeaux, fané, cisaillé par la décrépitude de la musique.

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35 - Juillet 1991

NOTE IMPORTANTE : la lecture de ce souvenir est déconseillé aux enfants.

Juillet 1991,
J'ai 16 ans depuis peu, et ne suis pas trop chamboulée maintenant par les changements de l'adolescence. Je me découvre jeune femme, ça fait peu de mois que j'ai enfin la paix des hormones, ma puberté un peu tardive est enfin terminée. Je me sens bien.
Je suis enfin libérée des camarades qui m'accompagnent depuis la 6ème grâce cet avis de redoublement inattendu, fait pour me stimuler paraît-il, auquel j'ai refusé de faire appel à la stupéfaction générale, et qui me donne la liberté de quitter ce groupe dont je ne me sens pas membre. Redoublement salvateur de ma seconde, que je béni encore aujourd'hui tant je me suis sentie à l'aise toute les années suivantes.

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34 - pépé


Enfant, à l'age où on n'a pas la notion d'être un enfant, je demande à mon papa et à ma maman pourquoi mon pépé n'était pas chez lui, avec ma mémé et mon papa et ma maman me disent qu'il à pris la route que tu vois là bas, celle qui passe derrière cette vieille maison et qu'il ne reviendra pas. Et chaque fois que j'allais voir ma mémé je demandais des nouvelles de mon pépé et les réponses, toujours évasives, me laissaient sur ma faim, m'obligeant à m'interroger sur cette route de plus en plus inquiétante avec le temps et les années sont passées et mon inquiétude à enflée puis éclatée avec la compréhension du mot "mort".

Souvenir de Thomas

33 - Zorro

Je cours, je cours, avec tous les autres enfants du village, on crie, on rit, on cataclope;
et soudain silence, un grand sonne, on entre; " bonjour pépère ".
On s'installe tous dans la petite cuisine, salon , salle à manger, calmes.
Certains sont debout, d'autres ont une chaise.
Il y a le tableau de la semeuse et à côté ... UNE TELEVISION. Zorro va commencer! je suis en apesanteur... Bernardo est muet mais il n'est pas sourd, Pourquoi Zorro ne dit-il pas à son père qu'il est Zorro? Est-ce que Tornado sera sous la fenêtre?
Est-ce que je respire? mon bonheur est total.
C'est déjà fini "merci pépère , à jeudi"
Galopade, on court, on rit,  "tu es le sergent Garcia", "non c'est toi!".
J'ai faim.Dans ma poche il y a un bout de pain et un morceau de sucre.
On va au gros tilleul; je mangerai dans l'arbre.

Souvenir de Clarinette

32 - mère la Baleine


Dans le coeur de ma mère la baleine poussaient des bulles arcs en ciel
Dans les yeux de ma mère la Baleine, l'or de son coeur brillait de mille éclat
Dans le coeur de ma mère la baleine
Dans le coeur de ma mère la baleine
Dans le coeur de ma mère la baleine.



Souvenir de Sophie (un autre souvenir de Sophie ICI)

31 - petit Tom


Le voyage approchait... Dans son chariot de bois, petit Tom avait mis sans complexes tous ce qui le rendait heureux : La photo de grand père assis sur son lit, le cailloux de Juliette (cadeau d’amoureuse), la lettre de grand mère qu’il aimait tant lire, le mixeur de maman et l’odeur de compote, son lapin tout fichu, trois petits bouts de papier et un morceau de ficelle. Petit Tom était là, immobile dans son pyjama, le regard vers la mer…. Le soleil était là, incandescent qui embrassait l’écume. Petit Tom, son coléoptère dans la poche, son air de musique dans la tête, s'en allait mordre son souhait, s’en allait sur la mer pour rejoindre l’Afrique.



Souvenir de Sophie
(un autre souvenir de Sophie ICI)

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